La pensée critique à Albano : une immersion européenne pour l’ADIJ22

Dans le cadre de l’accréditation Erasmus+ portée en consortium par trois structures, l’ADIJ22 a participé à une mobilité consacrée à la pensée critique en Italie. Deux salariées et une membre du conseil d’administration de l’association ont ainsi pris part à une formation de six jours à Albano, près de Rome.

Cette mobilité avait pour objectif de découvrir une autre manière d’aborder la pensée critique et de confronter les pratiques de l’association à celles développées dans un autre contexte européen.

La pensée critique : comprendre, analyser, argumenter

Le programme de la formation était consacré aux différentes dimensions de la pensée critique dans les pratiques éducatives.

Les premières journées étaient centrées sur les fondements de la pensée critique, les techniques de raisonnement et leur application à différentes situations éducatives. Les participantes ont également travaillé sur les outils d’analyse et de résolution de problèmes.

La formation abordait ensuite l’évaluation des arguments et des affirmations, notamment l’identification des biais et des raisonnements erronés, ainsi que les méthodes permettant de développer un raisonnement fondé sur des éléments vérifiables.

Les derniers temps de formation étaient consacrés à la construction et à la communication des idées : comment aider les apprenants à construire une argumentation cohérente, mais aussi comment utiliser une communication persuasive pour encourager la réflexion critique.Enfin, la formation proposait de réfléchir aux moyens d’intégrer durablement la pensée critique dans les pratiques éducatives.

Immersion dans la langue et la culture polonaises

Découvrir une autre manière d’apprendre

La formation proposait une approche assez structurée et théorique de la pensée critique, avec une place importante accordée aux apports conceptuels et à l’écoute.

Pour les participantes de l’ADIJ22, habituées à des pratiques davantage ancrées dans l’éducation populaire et dans l’expérimentation, cette approche constituait une autre manière d’aborder les apprentissages.La confrontation entre ces deux approches a été intéressante précisément parce qu’elle permet de prendre du recul sur ses propres pratiques.

Une mobilité européenne ne consiste pas nécessairement à découvrir une méthode totalement nouvelle qu’il faudrait ensuite reproduire dans sa propre structure. Elle peut aussi permettre de regarder autrement ce que l’on fait déjà, de mettre des mots sur des pratiques existantes et de mieux comprendre leur pertinence.
 

Un miroir pour les pratiques d’éducation populaire

Cette formation a ainsi joué, pour les participantes, le rôle d’un véritable miroir.

Les outils et les démarches présentés pendant la semaine ont fait écho à certaines pratiques déjà utilisées au sein de l’ADIJ22 : questionner, analyser une situation, confronter les points de vue, prendre du recul face à une information ou encore construire collectivement une réflexion.

La mobilité a donc permis de confirmer l’importance de ces compétences dans les pratiques d’éducation populaire.Elle a également rappelé que la pensée critique ne constitue pas uniquement un contenu que l’on peut enseigner. Elle peut être considérée comme une posture, qui consiste à apprendre à questionner, à vérifier, à argumenter et à accepter la confrontation des points de vue.

Cette réflexion est particulièrement importante dans l’éducation des adultes, où les apprenants arrivent avec leurs propres expériences, leurs connaissances et leurs représentations. L’enjeu n’est pas de remplacer ces savoirs, mais de créer les conditions permettant de les questionner, de les enrichir et de les confronter à d’autres perspectives.

Sortir de son cadre pour mieux observer ses pratiques

L’un des intérêts majeurs de la mobilité réside précisément dans cette prise de distance.

Partir dans un autre pays, rencontrer d’autres professionnels et découvrir une autre organisation pédagogique permet de sortir, pendant quelques jours, de son cadre habituel. Ce déplacement géographique devient alors également un déplacement professionnel. En découvrant une approche différente de la pensée critique, les participantes ont pu revenir sur leurs propres pratiques et identifier ce qui constitue leur richesse.

L’expérience montre ainsi qu’une mobilité Erasmus+ n’a pas toujours pour résultat l’adoption d’une nouvelle méthode. Elle peut aussi produire quelque chose de tout aussi important : la confirmation raisonnée de pratiques que l’on utilise déjà.

Apprendre aussi en dehors de la salle de formation

La mobilité ne s’est toutefois pas limitée au temps de formation.

Le programme prévoyait également une journée consacrée à la découverte culturelle de Rome, avec notamment des visites de lieux emblématiques tels que le Colisée, le Vatican et la Piazza Navona. Cette journée associait découverte culturelle et temps de réflexion, avant les échanges de clôture et la remise des certificats.

Cette dimension culturelle fait partie intégrante de l’expérience Erasmus+. Découvrir un autre pays, son histoire, son patrimoine et son environnement social constitue également une forme d’apprentissage. Les échanges informels et les moments partagés en dehors de la formation permettent de mieux comprendre le contexte dans lequel évoluent les autres participants.

La mobilité devient ainsi une expérience à la fois professionnelle, culturelle et humaine.

Ce que l’ADIJ22 retient de cette expérience

Au retour, l’ADIJ22 retient avant tout l’intérêt de la confrontation avec une autre approche de la pensée critique.

La formation a permis de découvrir une manière plus théorique et structurée d’aborder cette question, tout en offrant aux participantes l’occasion de prendre du recul sur leurs propres pratiques d’éducation populaire.

Cette expérience a également permis de confirmer que les outils de réflexion critique utilisés quotidiennement dans l’association sont pertinents : questionner, analyser, confronter les points de vue, développer l’argumentation et favoriser l’autonomie de réflexion.

La mobilité n’a donc pas seulement apporté de nouveaux contenus. Elle a permis de mettre en perspective les pratiques existantes et de renforcer la confiance dans les savoir-faire développés au sein de l’association.

C’est aussi cela, apprendre dans un contexte européen : partir pour découvrir autre chose, mais parfois revenir avec une compréhension plus précise de ce que l’on fait déjà.

Dans le cadre de l’accréditation Erasmus+ en consortium, cette expérience contribue ainsi à un objectif essentiel : permettre aux professionnels et aux bénévoles de nos structures de continuer à apprendre, à questionner leurs pratiques et à enrichir leurs façons d’agir grâce à la rencontre européenne.